L’écho

20 février 2017

Je fais partie de ces gens qui ne croient pas au hasard ni même aux coïncidences. Pour moi tout est écrit, le destin fait fis.

Il est des obstacles à franchir qui vous paraissent insurmontables, qui vous donnent l’impression que le sort s’acharne contre vous, qui vous font regretter que la nouvelle année soit si loin.

Il est des mots qui vous font remonter des sentiments enfouis, qui vous font vous dépasser.

Et parfois il est des inconnus qui surgissent, sans que vous ne sachiez pourquoi et qui ont des mots pour vous qui sont tels un séisme dans votre petite vie rangée.

La première fois que ça m’est arrivé c’était en 2003, fraîchement sortie de la fac sans Deug d’allemand dans la poche pour cause de vie un peu en bordel sous le joug d’un homme pas si fait pour moi, j’ai cherché du travail. J’avais depuis longtemps cette fibre commerciale qui me taraudait et me poussait à explorer mes failles. Alors j’ai fait un CV avec mes maigres expériences professionnelles depuis mes 14 ans : caissière à carrefour, baby sitter, animatrice en centre aéré sans bafa, visiteuse de maison de retraite et le St Graal: castreuse de maïs. Oui je sais, je faisais déjà rêver à l’époque. Inutile de vous dire que j’ai du employer la plus grosse des polices pour ne pas avoir l’air de rendre une page vierge à mon futur employeur.

J’ai ouvert le journal et j’ai commencé à cocher les offres qui pourraient me plaire et pour lesquelles j’avais de la chance de trouver un patron favorable à ma personnalité… Je n’avais plus du tout envie de faire du baby sitting et encore moins de jouer à la marchande après les mésaventures que j’avais vécu durant cette dernière année… ( les pièces qui sortent du fin fond de la culotte de la cliente avait eu raison de mon petit déjeuner qui avait failli se retrouver sur la tapis de courses, et ma dignité, n’en parlons pas il vaut mieux. Bref j’étais vacciné pour ce métier et j’admire les personnes qui le font chaque jour, moi j’en suis incapable !)

J’entoure une petite annonce pour un job de téléprospectrice dans le chauffage et la climatisation, pas à côté de chez moi mais il faut ce qu’il faut quand on n’a pas d’expérience on ne fait pas la fine bouche. Consciente du manque d’attrait de mon CV pour décrocher le job de mes rêves je me rends donc en personne poser ma candidature. Je suis reçue par le patron, un homme d’une petite quarantaine, très gentil et un tantinet timide qui se laisse déstabiliser par mes yeux bleus et mon bagout. Je suis embauchée en quinze minutes après avoir déposé le premier CV de ma vie et passé mon premier entretien d’embauche. De la chance vous direz, je vous répondrais, que comme souvent dans ma vie, je suis au bon endroit au bon moment… j’ai une belle étoile qui veille sur moi depuis toujours. ( Oui j’suis simplement trop balaise au choix !)

Au bout de quelques mois, notre équipe avait grossi et l’activité battait son plein quand est arrivé notre nouveau responsable de plateau. Un gaillard de 27 ans, plutôt beau gosse mais il le savait tellement que ça le rendait prétentieux au possible. Mais il restait très à l’écoute dans le travail et c’était la seule chose qui comptait pour moi. Je n’avais pas prévu de me faire des amis ici, mais de travailler. Très vite je me suis rendue compte de l’attrait de son poste et je pensais qu’il était fait pour moi. Je voulais être chef moi aussi, non pas pour le coté tyrannique du poste, mais pour pouvoir mettre en application des idées de restructuration que j’avais, parce que j’étais celle au meilleur chiffre de l’équipe, parce que je voulais développer certains points qui me semblaient cruciaux. je voulais faire partie de ceux qui prennent les décisions quant aux choix de marketing, de communication … ( déjà, en y repensant c’est rigolo… 🙂 )

Tout le monde s’en était rendu compte, je ne le criais pas haut et fort pourtant, mais mon attitude avait dû changer, je ne sais pas. Alors un jour je suis allée voir mon responsable et je lui ai dit : un jour j’aurais ta place !

Plus culottée tu meurs, celle qui voulait être kalif à la place du kalif et qui le menaçait presque ouvertement. Mais loin de là mon idée de le menacer, car je ne voulais pas le faire virer pour prendre sa place, mais je voulais juste montrer mon ambition de ne pas rester simplement au bas de l’échelle mais de monter petit à petit.

Il a souri, m’a regardé et m’a répondu les mots qui ont fait écho en moi ce jour-là : “Je le sais, mais pas encore, je n’ai pas peur. Le jour où tu sauras ce que tu vaux, là j’aurais peur de toi.”

Ces mots me suivent depuis presque 15 ans et on fait de moi une excellente commerciale. Et six mois plus tard, il est parti pour un autre emploi et moi, j’ai eu son post, car je savais ce que je valais.

Fin d’année dernière, un autre homme a eu des mots bienveillants pour moi qui font écho également dans la nouvelle carrière que je m’apprête à emprunter je t’en parlais déjà ici : “à un moment il va falloir que vous vous rendiez compte de qui vous êtes. Des personnes comme vous il y’en a peu.”

J’espère que ces mots auront le même écho que les autres en 2003 et qu’ils m’apporteront autant de succès mais surtout l’épanouissement qu’il me manquait jusqu’à présent. Mais une chose est sûre depuis, je me sens plus en confiance, je suis sûre de mon choix et de cette carrière que je veux. Je sais que c’est fait pour moi et que j’y arriverai, coûte que coûte. Et croyez-moi, Pole Emploi a bien décidé de tester ma motivation, mais je vous en reparlerai.

Je choisi de ne retenir que les bons mots dans ma vie et de ne plus m’encombrer d’un passé trop lourd. Poser cette carapace, oublier les malheurs est impossible mais choisir de ne plus y penser est réalisable.

Il est parfois des inconnus qui traversent votre vie sans que vous ne sachiez pourquoi et puis un jour tout s’éclaire et prend un sens: le destin.

Chaque mot a son importance, faites attention au regard que vous portez sur les autres, on ne se rend parfois pas compte du poids des mots, ni de l’importance qu’on peut avoir en croisant la route de quelqu’un.

Nous sommes tous le messager de quelqu’un, soyez bienveillants et osez les compliments.

Pour celui qui le dit ce n’est rien, mais pour celui qui le reçoit il peut avoir tellement d’importance.

 

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