J’étais cette fille …

6 janvier 2016

Longtemps j’ai cru avoir une espèce de pouvoir, une aura qui me permettait de sauver les gens en mal-être.

Longtemps j’ai cru que si moi j’avais réussi, tout le monde pouvait le faire.

Longtemps j’ai cru que ma vie était celle de Mr ToutLeMonde…

Longtemps j’ai cru tout ça et puis hier est arrivé.

Il est arrivé comme une bonne grosse claque que tu te prends en pleine face sans t’y attendre, il est arrivé comme ce fucking boomerang que tu croyais perdu en Australie tellement tu l’as lancé loin, il est arrivé comme ça, sans que je ne le vois venir. Enfin si je le voyais venir mais mon optimisme et moi nous le pensions moins dur…

Hier j’ai perdu une amie.

Hier j’ai perdu une amie à cause de mes mots, hier j’ai perdu une amie à cause de ma franchise, à cause de ma spontanéité. Hier j’ai perdu une amie car j’ai eu le malheur de lui dire exactement ce que je pense depuis des années mais que je n’avais jamais dit.

Hier je me suis pris en pleine tronche la vraie vie, la réalité des mots.

Hier je me suis rendue compte que je ne pouvais pas sauver tout le Monde, que je n’avais pas ou plus les épaules pour porter les problèmes des autres.

Hier j’ai encore vu l’emprise que certains peuvent avoir sur les autres.

Hier on m’a coupé la main que je tendais.

Hier ma franchise, ma grande gueule et ma confiance en moi m’ont fait me retrouver le bec dans l’eau du jour au lendemain pour garder ma fille. Pour une fois que je demandais un service pour mes enfants, la vie m’a encore une fois prouvée que je ne suis jamais bien servie que par moi-même (ou mon mari 😉 )

Hier j’ai dit stop à une amitié trop destructrice pour moi.

Hier j’ai fermé ma porte à une amie en mal-être. Hier je me suis recentrée sur moi et non plus sur les autres. Hier j’ai eu le sentiment d’avoir perdu tellement de temps et d’énergie que je m’en suis voulue, je me suis demandée pourquoi je suis revenue vers elle il y a quelques années alors que nous nous étions déjà fâchées. Hier je me suis trouvée un peu conne et puis je me suis dit que j’avais juste un trop gros coeur plein d’amour et ce putain de syndrome de Dieu.

Hier je me suis sentie trahie et tellement triste de la voir se voiler la face.

Hier je l’ai trouvé tellement con de la manipuler comme ça. Hier j’ai pensé aux mots qu’elle m’a souvent dit “ il sait très bien qu’on touche pas à Virginie” et de voir cette amitié se briser à cause de lui …

Hier je n’ai même pas pleurer tellement j’étais en colère. Hier j’ai voulu plus d’une fois attiser le feu et lui envoyer un sms à lui, pour lui dire tantôt ” merci”, tantôt “connard”, tantôt ” t’es content tu vas pouvoir la garder maintenant”, tantôt ” bravo t’as gagné”.

Hier j’ai perdu un combat contre l’ombre de moi-même…

Hier j’ai aimé mon mari pour tout ce qu’il fait pour moi, pour l’homme qu’il est et pour l’exemple qu’il donne à nos enfants. J’aurais presque pu prier si je croyais un tant soit peu à ces choses là.

Hier je lui ai dit stop.

Hier je me suis rendue compte que je ne peux pas sauver les gens qui ne veulent pas être sauvés.

Hier j’ai vu une femme se sacrifier pour des choses que je ne comprends pas.

Hier j’ai surement dépassé les limites mais je ne le regrette pas, je le devais. Hier j’ai été lasse de répéter les mêmes mots, les mêmes phrases, les mêmes exemples à une femme qui n’est plus que l’ombre de celle qu’elle était, à une femme qui trouve des excuses bidons à toutes mes objections.

Hier j’en ai eu plein le cul d’écouter ses histoires à la mort moi le noeuds qui me gonflent.

Hier j’ai refusé de la voir, de lui parler de vive voix. Hier j’ai juste répondu à ses sms et pestant contre mon correcteur orthographique et ses réponses à elle.

Hier je me suis vu il y a des années.

Hier j’ai cru la sauver.

Hier j’ai échouée.

Hier j’ai agrandi le fossé qui nous sépare depuis des années sans construire de ponts reliant les rives.

Hier j’ai grandi d’un coup, je me suis rendue compte que ma vie n’était pas celle de tout le monde, que tous n’avait pas le courage de fuir comme je l’ai fait. Que l’adage “mieux vaut vivre seule que mal accompagnée” n’est pas le choix de toutes.

Hier j’ai souris de voir ma vie comme elle est aujourd’hui, de voir ce que j’ai construit, ce que j’ai réalisé. Hier j’ai été tellement heureuse d’avoir eu le courage que j’ai eu il y aura 9 ans dans quelques jours.

Hier je me suis rendue compte que la fille que j’étais n’est bel est bien plus là.

Hier j’ai laissé une amie seule et je ne le regrette pas…

Hier j’ai été égoïste et putain qu’est ce que ça fait du bien.

Hier je lui ai souhaité d’un jour vivre sa vie plutôt que de la subir.

Aujourd’hui je ferme définitivement ce chapitre de ma vie et je lâche prise petit à petit.

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2 Commentaires

  • Répondre Roxane 7 janvier 2016 sur 0 h 17 min
    Aujourd’hui je te bisouille parce qu’il faut quelque part beaucoup de courage pour faire face à une pareille remise en question et une si belle vérité qu’est la tienne.
    Prends soin de toi et des tiens.
  • Répondre Escarpins et Marmelade 20 janvier 2016 sur 17 h 57 min
    Si c’est vraiment une amie, elle reviendra vers toi. J’en suis sûre.
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