Je suis cette fille incapable de lâcher prise

18 novembre 2015

Lundi soir j’avais mon rendez-vous chez la diététicienne, j’étais assez confiante car mon corps change presque à vue d’œil sur certaines parties. Mes mollets flasques ont laissé place à de jolis mollets faits de muscles ( et de poils 🙂 ), mon soutif se resserre de jour en jour, je vais sûrement devoir penser à passer à la taille en dessous d’ici peu, mes collants glissent, mes robes ne me collent plus les hanches.

Je me sens mieux dans ce corps que je sculpte patiemment depuis 61 semaines. Je me sens moins boudinée, moins grosse, moins ronde de partout et quand je fais ma petite photo Avant/ Après je saute de joie tellement j’ai du mal à reconnaitre la fille bouffie de la photo d’avant et tellement je kiffe la fille que je suis en train de devenir. Je n’ai jamais eu de vrais gros problèmes d’acceptation de soi, j’ai toujours assumé ma silhouette et trouvé des parades pour cacher ce qui me plaisait moins pour mettre en avant ce qui plaisait… (comprendre mon décolleté 🙂 ).

  

J’arrive donc au rendez-vous en avance, je sors mon roman pour écrire un peu, histoire de mettre à profit cette attente, encore un défi à ma hauteur, écrire un livre. Parfois je me dis que je suis complètement folle pour me lancer dans ce défi et me mettre autant la pression. Mais après je me dit que si je ne le fais pas je m’en voudrais toute ma vie et comme je n’aime pas les regrets, ben j’accumule les options et le manque de temps et j’écris ce livre, cette extension de moi qui me suis partout dans mon sac et que je sors à n’importe quel moment. Ce classeur fait d’intercalaires, de feuillets imprimés et d’autres vierges violets, de feuilles griffonnées, de dessins, de post-it, de couleurs.  MON ROMAN quoi, celui qui me ressemble même dans sa manière d’être brouillonné mais organisé.

Elle arrive à 18h pétante, nous discutons du programme je lui dit que tout va bien avec les quantités, que je n’ai pas faim, que je suis fatiguée et que j’ai des maux de tête, nous sommes d’accord sur l’évidence que je dois faire une cure de magnésium, je promets d’aller en acheter en sortant à la pharmacie en face. Elle me demande des nouvelles de mon string, je lui annonce le joli futur qui se profile pour lui et elle est encore plus ravie que moi, elle se voit déjà avec son exemplaire dédicacée au Cultura à Balgnac. Je lui montre mon classeur coloré dans mon sac et elle redescend un peu sur terre me demandant de ne surtout pas lâcher. Je la rassure sur le fait que lâcher, je ne sais pas faire et que même si je doute parfois (souvent) au sujet de mon roman, tant pis je préfère me prendre une grosse claque plutôt que de ne pas essayer. Elle acquiesce ma motivation et m’invite à monter sur la balance!

J’enlève mes bottes et mes collants pour poser la plante de mes pieds sur les espaces prévus à cet effet sur son Body Analyser, j’attrape les deux poignées, écarte les bras et regarde le chiffre sur l’écran digital. J’ai envie de pleurer mais ne le fait pas, ne pas se fier juste au chiffre sur la balance, attendre l’analyse pour voir si j’ai perdu de la masse graisseuse et si j’ai pris du muscle. Les secondes les plus longues de ma vie (j’exagère à peine 😉 ) le temps que l’analyse se termine et que l’impression sorte.

Alors en presque 2 mois j’ai perdu… roulement de tambours : 1 kg ! Youhou ! Alors oui j’ai perdu du gras, oui j’ai fais du muscle, oui le muscle pèse plus lourd que le gras, oui 8 kgs c’est énorme, oui je sais que ce que je fais c’est génial et que 8 kgs c’est top. MAIS MERDE QUOI je suis démoralisée!! Depuis Juin je n’ai perdu que 1 kg sur la balance alors que mes vêtements sont trop grands et que mon corps s’affine. POURQUOI ???

Depuis Juin je ne fais plus le cours collectif car ça dérangeait mon patron que je finisse mon repas sur mon temps de travail (même si je travaillais en même temps mais bon!) et aussi depuis juin j’ai eu un très très gros clash avec mon boss au point que mon comportement a radicalement changé. Je suis passée de l’employée modèle dévouée à la fille que fait ce qu’on lui demande, quand on lui demande sans plus réfléchir, j’opine du chef à toutes ces demandes même les plus saugrenues, parce que c’est SA boite pas la mienne et il fait ce qu’il veut. OUI enfin c’est ce que je pensais faire, sauf que force est de constater, après avoir fait un monologue de près de 10 minutes à ma diététicienne sur ces derniers temps au boulot que NON je ne m’en fous pas, que non je n’ai pas lâché prise, que je me prends encore la tête avec ce boulot mais que je ne m’en rends pas compte, que je me mens à moi-même, que je me masque la vérité.

Je ne sais pas juste exécuter les ordres sans réfléchir aux conséquences, je sais bien que c’est une excellente qualité de calculer, de vouloir contrôler toutes les éventualités, de ne pas agir bêtement juste parce qu’on vous le demande. Seulement là, ça me bouffe de l’intérieur. En fait non plus précisément, d’après ma psy (pardon ma diététicienne) je me suis crée une carapace pour pouvoir supporter le boulot, pour que ça me glisse dessus sans trop m’atteindre, et cette carapace retient aussi mes fuckings kilos!

Comprends que mentalement je m’empêche de maigrir malgré mon alimentation et TOUT le sport que je fais. Je dois donc laisser pisser et accepter, faire ce qu’on me demande sans me poser de questions. Mais si je deviens comme ça au travail, moi je meurs. Moi je suis entière, franche, révoltée par la vie, si je deviens une exécutante je vais mourir à petit feux, je vais faire une dépression nerveuse, un bore-out. Elle me réponds de ne pas m’inquiéter, de le prendre comme un boulot alimentaire en attendant mon vrai futur, celui caché dans mon sac. Elle me demande d’essayer de lâcher prise, de moins me prendre la tête avec ces choses qui n’en valent pas la peine et de me concentrer sur moi et uniquement moi. Que les frasques patronnesques ne sont pas les miennes et que c’est SA boite pas la mienne…

J’opine du chef me disant qu’elle a raison mais ne sachant pas comment arriver à ces fins qu’elle me conseille…

Nous décidons de nous revoir lundi prochain car l’analyse de mon corps me semble suspecte et je voudrais revenir me peser en dehors de ma mauvaise période du mois, car là l’analyse me dit que j’ai repris 1,5 kg au ventre…chose que je pense impossible mais je suis ballonnée, règles obligent.

Hier matin je me suis dit que j’étais aussi peut-être retombée dans mes vieux travers niveau alimentation, à savoir ne pas manger assez… alors j’ai installé l’application que toutes mes copinautes régimeuses ont LSDP et je me suis rendu compte que je ne mangeais pas les 1600 calories que je DOIS ABSOLUMENT manger pour mon régime. C’est peut-être une piste à creuser, je verrais avec elle lundi… mais le problème est plus profond car je dois manger ses calories mais je n’y arrive pas, je bloque, je culpabilise. Tu vois ce soir il me maquait 300 calories pour être à mon chiffre, j’ai sorti 3 choco prince avec un thé, je n’ai réussi à en manger qu’un… mon cerveau me dit non, de ne pas le manger sinon tous mes efforts seront ruinés, que si je ne perds pas c’est à cause de ces écarts de merde et que je dois moins manger et faire plus de sport…

IL EST CON MON CERVEAU OUI TU PEUX LE DIRE!

Là encore je dois lâcher prise… c’est dur car j’ai grandi avec une mère perpétuellement au régime qui ne mangeait que des légumes cuits à la vapeur et s’interdisait de tout. J’ai toujours entendu “ne mange pas ça tu vas grossir”, ” tu sais dans la famille on a des antécédents, tu me remercieras plus tard” “t’as assez mangé, plus tu manges plus tu grossis”… j’ai été formatée, programmée et mon cerveau bloque….

Lundi je retourne voir ma psy diététicienne, si elle me dit que je dois ABSOLUMENT manger mes calories et que si pour y arriver je dois manger mes choco le soir je ne culpabiliserais plus car c’est sur prescription médicale! Qui peut se vanter de manger des Prince sur conseil de son médecin 😉

Mais pour le boulot je n’ai pas de solutions… c’est dur pour moi. Je vais me concentrer sur moi, faire ce qu’on me demande et extérioriser le reste à mes copines (parce que mon mari lui s’en fout et ne comprends pas que je me prenne la tête avec mon taf, lui conçoit très bien la notion de job alimentaire, moi pas encore…! ) et puis advienne que pourra… Mon prochain rdv est fin Janvier on verra bien!

Et toi tu arrives à lâcher prise ou tu es comme moi une maniaque du contrôle?

En relisant mon article j’ai l’impression d’avoir le cerveau d’une femme anorexique…

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3 Commentaires

  • Répondre Susu 19 novembre 2015 sur 0 h 41 min
    coucou,

    Je te lis depuis un petit moment maintenant et je tiens à te dire bravo. Pour tes ces combats que tu mènes, tu arriveras à la victoire. En ce qui concerne tes calories, je crois que ton cerveau bloque sur les chiffres. Il se dit plus de calories donc plus de kilos, comme avant quand tu montais sur ta balance…. maintenant ton cerveau à compris que le chiffre sur la balance ne veut au final pas dire grand chose. Impose lui TA volonté de ces calories nécessaire à la perte de poids, c’est encore un combat, mais il sera vite gagné j’en suis sur 🙂

  • Répondre maman@home 19 novembre 2015 sur 9 h 37 min
    Un peu trop control freak ici aussi mais j’essaye de me soigner 😉 pas si simple … Bravo pour tous tes efforts mis en place c’est très courageux et je sais de quoi je parle. Ceci dit si tu te sens plus au large dans tes fringues c’est bien que tu as minci, tu devrais prendre tes mesures aussi c’est très motivant : hanches/taille/poitrine et cuisses. Bonne journée.
  • Répondre LILI JACK 19 novembre 2015 sur 12 h 24 min
    il se peut aussi qui le patron “se rende malade” par le comportement de ses salariés
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