je suis cette fille en amitié

2 novembre 2015

D’aussi loin que je me souvienne je n’ai jamais eu de meilleure amie. Nous avons toujours déménagé quand j’étais petite et nous nous sommes réellement posés dans une région à l’aube de mes 14 ans. Il était donc peu aisé à cette époque ingrate de ma vie de me lier d’amitié avec d’autre filles… J’ai tissé des liens très étroits avec un garçon qui fait encore aujourd’hui partie de ma vie, nous nous voyons peu mais pensons souvent l’un à l’autre, je peux dire que lui est mon meilleure ami!

Mais je remarque depuis quelques années que les relations ont changées, quand on quitte les bancs de l’école, le seul moyen de se faire de nouveaux amis c’est soit au travail, soit dans des activités extra-boulot (comprenez par là, le sport, les loisirs.. tu sais ces choses que tu as du mal à faire quand tu es maman.. et moi à 22 ans j’étais déjà maman…!). Alors j’ai sympathisé avec des collègues de boulot, des filles de mon âge, avec ou sans enfants( surtout sans!). Des relations intenses, chargées de potins en tous genres autour de la machine à café, de ragots sur un tel ou un tel, de soirées arrosées de mojitos et pauvre en dignité…

J’ai trouvé des amies et puis j’ai changé de travail…. et je n’ai plus eu de nouvelles. Au début oui bien évidemment on se manque, les habitudes ont la vie dure mais petit à petit l’absence génère l’oubli… et on passe à autre chose, on se fait de nouveaux collègues de travail, qui deviennent des amis et la roue tourne encore dans le même sens…. Changer de travail et changer “d’amis”… et puis vient le jour où tu changes de travail mais que tu décides de ne plus perdre de temps à te lier avec des gens qui t’oublieront une fois ton heure venue…

je suis cette fille en amitié

Alors tu cherches l’amitié sur les réseaux sociaux, c’est beau, c’est bleu, c’est plein de like et de petits cœurs. On se kiffe à mort, on passe des heures a zieuter le profil de sa nouvelle meilleure amie, on se raconte nos vie, dans les grandes lignes et puis on devient vite quasiment inséparables virtuellement. On se raconte tout et n’importe quoi, on prend des nouvelles, on se manque, un peu, beaucoup. Et puis un jour vient encore le temps où l’ont ne pense plus à toi…. parce que toi tu es virtuelle, loin, ou simplement ennuyante finalement.

Parce que toutes ces relations de travail ou virtuelles sont trop intenses, trop chargées émotionnellement, on s’aime fougueusement et la passion se fait la malle et toi tu restes comme un con, seul. Parce que sur facebook, Instagram ou autre tu as les informations sans les demander, tu sais que j’ai reçu un mail qui m’a fait faire GNiiiii, tu sais que mon collègue de boulot me tape sur le système, tu es au courant de mon feuilleton ” tromperie sur le canapé”, tu vois que j’ai mangé des patates et du poulet ou que j’ai acheté un nouveau vernis … Tu sais ce que je décide de dire à tous… mais quand on est amies ne doit-on pas savoir plus que ce que l’ont partage sur son mur?

Quand on est amies ne doit-on pas prendre des nouvelles des gens qu’on aime? Quand on est amie ne doit on pas se soucier des autres? Quand on est amie ne doit-on pas être plus qu’un simple profil facebook qui like une photo ou un statut.

Depuis l’apparition de tous ces moyens de communication instantanés, notre manière de vivre ensemble a changé et nous ne prenons plus soin des autres. Nous sommes dans l’ère du jetable en amitié alors que tout le monde prône l’écologie. Et si au lieu de croire que les gens sont à usage unique ou avec une date de péremption ultra courte on faisait comme à l’époque, on prenait le temps de se connaître, de vivre, de partager… pour ne pas faire retomber le soufflé aussi vite qu’il n’est monté?

Et si au lieu de virer quelqu’un de se liste d’amis facebook parce qu’il n’est pas d’accord avec nous on prenait la peine de discuter, d’échanger, de débattre et ne pas camper sur ses positions?

Et si on réapprenait à se nourrir des autres (et je ne parle pas de vampires 🙂 ) juste pour le plaisir de partager?

Et si on laissait au temps, le temps de faire son œuvre. Les gens changent et on ne les connait jamais vraiment, sauf sur la durée…

Et si on arrêtait de s’inventer de vies derrière nos écrans et de ne pas les assumer en réalité?

Et si on revenait dans les années 90, à s’écrire des lettres à rallonge et fabriquer des enveloppes avec des pubs de magazines. Se raconter nos histoires, faire des dessins, prendre le temps de lire, d’écrire, d’aimer, de partager…

Cette vie nous happe, nous broie sans même que l’ont s’en rende compte. Elle nous détruit de l’intérieur et au lieu de nous faire nous ouvrir elle nous referme petit à petit.

Je suis une idéaliste un peu fleur bleue sur les bords, je donne beaucoup aux gens que j’apprécie… mais je suis très souvent déçue… alors depuis quelques années je me referme… petit à petit je m’isole des gens qui m’entoure, je suis lasse de créer des affinités qui n’iront pas plus loin qu’un like facebook, qu’un apéro, qu’un poste de travail… je passe sûrement à coté de belles personnes, mon coté optimiste me fait me lier parfois, mais la déception arrive, encore…

Je sais que j’attends beaucoup des gens, sûrement trop, certainement trop!

Je constate aussi que nous n’avons pas tous la même définition de l’amitié…

Moi je fais dans le durable, le commerce équitable pas dans la surconsommation et l’industrie de masse…

Et toi, l’amitié c’est long ou court?

je suis cette fille en amitié

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1 Commentaire

  • Répondre Sandra Audard 3 novembre 2015 sur 0 h 09 min
    Coucou ma belle….

    Comme toi j’ai été bcp déçue…. Juste une amitié vieille de 20ans persiste et durera toujours j’en suis sure…
    Une autre a durait près de 10ans. Qd j’ai déménagé dans le Berry sa phrase a été : tu vas être trop loin, j’aurais pas les sous pour venir te voir et toi non plus… Alors oublie moi….
    Quelque temps plus tard je lisais sur son FB qu’elle avait assisté au concert des one direction deux fois a Paris et une fois a Bruxelles et que pour l’occasion elle s’est fait faire une douzaine de tatouage a leur effigie (a 40ans, c pathétique)…. Bref ça m’a blessé au plus haut point (je suis sur la route de ces p### de concert, ça lui coutait donc rien de passer me voir). Depuis je ne m’attache plus, j’y arrive plus….

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