Je suis cette fille de retour aux sources

31 juillet 2015

Comme chacun le sait l’été est la saison propice aux mariages c’est d’ailleurs pour ça que me suis mariée en Mai (Ben quoi en Juillet c’est mon anniversaire je peux pas tout faire non plus!!! ) et le 8 Août une fois n’est pas coutume nous sommes de mariage.

Pas le mariage d’une amie, de l’ami d’un ami ou encore de la voisine, non un vrai bon mariage d’un membre de ma famille! Oui tu vois le truc venir …..

Ma tante se marie, j’adore ma tante là n’est pas le souci, c’est la petite dernière de la fratrie, la sœur de ma mère. C’est un mariage plus vieux qui sera sûrement encore plus heureux que les vingts ans qu’ils viennent de passer ensemble. Un coup de tête? une décision mûrement réfléchie? Un raz le bol de ne pas se faire appeler Madame? Porter le même nom que ses enfants déjà grands? L’occasion de faire une grosse fiesta? Je ne connais pas les raisons de ce mariage et je m’en moque d’ailleurs, chacun fait ce qu’il veut de sa vie.

Mais voilà je vais devoir aller là-bas, là où toute ma famille vit, cette région que j’ai quitté il y a déjà longtemps et où je ne retourne que rarement, que pour des occasions grandes ou tristes… cette région que je fuis depuis l’année de mes 16 ans, cette région qui porte un deuil trop lourd à porter pour moi, cette région où repose mon grand-père, mon oncle, ma cousine…

Mon oncle est mort l’année de mes neuf ans. C’était un jeune homme très perturbé qui oscillait entre drogue et alcool, dépression et black métal. Nous étions proche, je suis l’ainée de la fratrie de cousins et donc la plus proche en âge. Il avait presque 20 ans quand il s’est pendu. Je n’ai pas compris pourquoi et ne le comprends toujours pas. La vie lui pesait, tout était trop insupportable… Son esprit m’a hanté pendant des années, à chaque nuit passée chez mes grand-parents je sentais sa présence dans ma chambre, je l’entendais aller et venir dans le couloir poussant l’interrupteur sans allumer la lumière. mes poils se hérissaient de frayeur et mes yeux ne pouvaient se fermer. Les nuits dans cette maison devenaient un clavaire, j’avais tellement peur. Nous étions proches de son vivant mais dans la mort il m’effrayait. Un jour mes grand-parents ont vendu la maison, enfin! ( je ne suis pas folle vous savez… je crois aux esprits…!)

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Mon grand-père est mort l’année de mes 16 ans, c’était l’homme le plus merveilleux que le Monde m’a donné la chance de fréquenter. Il m’aimait par-dessus tout et parmi sa ribambelle de petits enfants j’étais sa préférée et il ne s’en cachait pas. J’avoue que j’adorais cette relation que nous avions, cette complicité qui nous unissait, cet amour inconditionnel, cette tendresse mutuelle. Depuis son décès, ma grand-mère maternelle est passée de la parfaite femme à la marâtre de Cendrillon, tirant un trait ferme et définif sur une grosse partie de sa famille, ses enfants, ses petits enfants… Plus de 16 ans après j’ai encore du mal à le comprendre et aussi à le vivre quand je retourne là-bas. J’appréhende de la voir au mariage, elle sera peut-être là, personne ne le sait. La dernière fois que je l’ai croisée je devais avoir 18/20 ans, c’était pour un baptême, elle s’est trouvé face à moi, un bon mètre nous séparait, j’ai stoppé net tel un chien aux aguets, mon cœur s’est arrêté de battre quelque seconde avant de la regarder droit dans les yeux. Son regard était tellement froid et dur qu’il m’a glacé le sang, ses seuls mots ont été “Alors laquelle avance maintenant?” sur un ton hautain puant le dédain, j’ai tourné les talons et suis partie sans me retourner, pleurant toutes les larmes de petit corps de post ado en manque d’amour dans les bras de mon cousin.

Encore aujourd’hui je me dis que ce n’est pas possible de devenir aussi vile en si peux de temps, à peine mon grand-père de l’autre coté elle devenait cette pimbêche qui ne supporte plus sa propre famille. Parfois je me dis qu’elle a dû porter un masque pendant plus de cinquante ans, jouer à la gentille, mentir, nous préparer notre goûter alors qu’elle ne nous aimait pas. Et parfois je me demande si elle ne portait pas un lourd secret, un de ceux qui vous détruise à petit feu, je me demande si mon grand-père était bien l’homme que je croyais qu’il était. Et puis le temps passe, mon grand-père est mon étoile, mon ange gardien, celui qui veille sur moi, me protège et je veux que ça continue ainsi.

Tu comprends aisément pourquoi j’ai du mal à retourner là-bas, mes oncles et tantes, cousins, cousines, n’ont jamais quitté la région. Ils se sont mariés, ont posé leurs valises dans leurs maisons depuis des années. Je ne me sens plus du tout proches d’eux, un fossé s’est creusé entre nous, j’ai l’impression de ne pas faire partie du même monde. Moi je rêve d’évasion, de grandeur, de succès et eux sont là impassible, le temps glisse sur eux sans aucune ambition pour leur enfants… “Tu reprendras la ferme mon fils”, on se croirait dans un épisode de la petite maison dans la prairie mais c’est bien le discours de ma cousine, 34 ans à son fils de 11 ans… Et moi je la regarde atterrée par tant de fatalité!

Le 8 Août je vais les voir, les observer, les écouter… Voir ma cousine me voler la vedette auprès de ma mère (grand bien lui fasse…!), je ne vais pas parler de moi, de nous, de notre vie qu’ils ne comprendraient pas, encore moins de cet espace, ni même du string Fushia ça ne les intéresserait pas.

Je me plongerai dans les bras de mon beau brun de mari, tellement fière à son bras et je leur jetterai mon bonheur et mon épanouissement à la figure.

Et toi les réunions de famille, comment tu gères?

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6 Commentaires

  • Répondre ingrid73 31 juillet 2015 sur 6 h 50 min
    Ah les histoires de famille…..
    C’est souvent pour pas dire toujours douloureux
    En fait , tellement de choses ce sont passé …..mais nous étions enfants , trop jeunes pour comprendre…..et à une certaine époque rien ne se disait …..les secrets de famille….rester secret.
    Le problème c’est quand on devient adulte , on se pose beaucoup de questions auxquelles ont à pas de réponses ou si peu …..
    ça fais mal , de voir notre famille se comporter de la sorte …….mais moi j ‘ai laissé tomber…..les déchirures …..les histoires auxquelles ont te met dans la confifences mais pas assez pour pouvoir juger le pour et le contre….
    J ai abandonné pour ne pas perdre mon bonheur …ou ce qu il en reste .
    Bon courage pour ce rendez-vous
  • Répondre carole 31 juillet 2015 sur 7 h 34 min
    Tu me Scotch
    .. Tu raconte si bien….A chaque fois je me crois dans un livre…Et bien moi j’apprehende le Portugal car notre moche Mère va être à 1 h de voiture et elle voudrait que l’on aille tous ensemble chez son frère…Alors comment rester maître de ses vacances sans se fâcher avec son mec et ne pas décevoir ses enfants….???? De toute façon sauf avec vous, les réunions de famille avec les XXX sont toujours un peu compliquées…. Bisous…
  • Répondre Pimprenelle 31 juillet 2015 sur 9 h 37 min
    J’ai adoré te lire ! C’est vrai que Tú ès faite pour ecrire ! Pour ma part, APRES des annees de pleurs, de crises, de dépressions qui mettais à mal ma tribu, j’ai rompu quelques temps ! Cela fait un peu plus d’1 an que je les revois, mais quelque chose s’est brisé ! Aussi aujourd’hui, lorsqu’il y a une réunion de famille, si je me dis “il faudrait …” Et bien, je stoppe net ! Ce mot ne fait plus parti de mon vocabulaire ! Je ne veux que du plaisir sinon je n’y vais pas tout simplement ! La méchanceté, la rancœur, la jalousie, je déteste ! Et si en plus, c’est dans la famille, je fuis ! Pas de temps, ni d’argent à perdre avec cela ! La vie est trop courte ! Tout cela est lé fruit de mon expérience et me permet de mieux vivre aujourd’hui ! Malheureusement, la souffrance a du mal à s’effacer!
    Pimprenelle
    http://www.cinquanteansetalors.com
  • Répondre YsabelleroseM 13 août 2015 sur 21 h 09 min
    Je découvre ce blog ! J’adore ! J’adore ton humour, ta vivacité, ta fraîcheur dans l’écriture ! Je suis tellement touchée dans ces histoires de familles.
    J’ai l’impression qu’elles se répètent et se ressemblent sans cesse….des siècles et des siècles de non-dits, de douleurs, de faux semblants, de suicides, de mariages, de tromperies,d’abandons, de naissances, d’avortements, de morts, de partages, d’héritages,de guerres, de haine, d’amour….”Famille je vous hais” André Gide

    YsabelleRose

  • Répondre Helene Pages 21 septembre 2015 sur 15 h 59 min
    Mais c’est affreux ! Je découvre ça avec épouvante.
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