Je suis cette fille #7

15 décembre 2014

La vie est douce, nous avons pris un appartement en Juin, un studio, 20m² un luxe inimaginable pour nous qui venons de vivre 5 mois à deux dans 9 m². J’ai dû négocier avec mes parents qui ne voulaient pas que j’emménage avec mon amoureux, force est de constater que ma persévérance a eu raison de leur convictions. De toute façon ma décision était déjà prise: Nous allions vivre ensemble point à la ligne.

J’ai changé, et ma mère s’en est rendu compte, elle me dit que je me fais influencer par Hassan, qu’il me monte la tête contre eux. Elle m’agace, elle ne peut pas se contenter d’être heureuse pour moi? Je suis heureuse, je suis amoureuse, elle trouve encore quelque chose à y redire. Il m’a sauvé la vie cet homme, je l’aime du plus profond de mon cœur, je l’aime plus que tout et ça dérange mes parents.

Nous avons donc trouvé notre petit nid douillet à force de recherches effrénées et de longues journées en compagnie d’agents immobiliers tous plus farfelus qu’étranges. Après avoir visité des biens hors budget, trop petit, beaucoup trop grand, trop vieux, trop moches, trop mal isolé, trop mal situé, trop haut, trop bas,… nous l’avons visité, notre chez nous! Ce petit studio de 20m² refait à neuf, une petite kitchenette pour pouvoir faire à manger séparée de la pièce principale par un bar à l’américaine. On avait une cheminée, bon elle ne fonctionnait pas, mais on avait une cheminée, c’est tellement classe d’avoir une cheminée… enfin pour moi, Hassan, lui la trouvait inutile… en même temps quand tu vis dans les pays chauds une cheminée ne te sert pas à grand chose, il n’en avait d’ailleurs jamais eu petit et ne comprenait pas mon enthousiaste. Soit moi j’étais euphorique. Il était petit mais nous paraissait tellement grand, nous étions déjà en plein aménagement quand l’agent immobilier nous interrompt

“Vous le prenez alors? “

Nous nous sommes regardés et avons répondu en cœur: OUI!

Notre chez nous était à nous. Nous allions être heureux ici, passer des soirées avec nos amis, rire, s’aimer, construire notre futur.

Je suis seule à la maison, en cette soirée de septembre, j’attends Hassan. Il a trouvé un stage pendant l’été dans une société d’informatique, je ne comprends toujours pas trop ce qu’il fait comme travail c’est assez complexe, je sais juste que c’est en rapport avec les ordinateurs. Il finit le travail à 18h et rentre à la maison vers 18h20 le temps de faire le trajet en métro. Là il est déjà 19h et il n’est pas rentré, je suis inquiète, je l’ai appelé sur son portable au moins une demi-douzaine de fois mais il ne décroche pas, maintenant je tombe directement sur sa messagerie. Il n’a plus de batterie? Il a éteint son portable parce qu’il en a marre que je l’appelle? Il est dans le métro? Il lui est arrivé quelque chose de grave? Un accident? Toutes ces questions se bousculent, s’enchainent, m’envahissent, me rongent. Je sais que je suis un peu excessive parfois, il me le dit souvent, mais j’ai tellement peur de le perdre, qu’on me le prenne, je le veux rien que pour moi, je ne pourrais pas vivre dans lui c’est impossible, sans lui je ne suis rien il me le dit souvent.

Je suis inquiète, 10 minutes, 20 minutes, 30 minutes, 1heure puis 2 heures, je me ronge les sangs, je ne peux rien faire à part regarder la trotteuse qui parcours son chemin inlassablement sur la pendule accrochée au-dessus de ma cheminée. Il fait quoi, avec qui sont les nouvelles questions qui me viennent à l’esprit. Je suis sûre qu’il est avec Elle, depuis le temps qu’elle veut le voir, seul! Elle ne m’aime pas, depuis le premier jour elle fait tout pour nous séparer, elle est jalouse, elle le manipule, elle lui ment, elle le monte contre moi… Elle s’est Pascale, sa meilleure amie, cette fille qui lui tourne autour depuis trop longtemps, cette fille qui est folle amoureuse de lui mais qui ne l’a pas eu, cette fille qui n’a de cesse de vouloir nous séparer, de me l’accaparer.

Le bruit de la clé dans la serrure me sort de mes pensées, je regarde la pendule qui indique presque 21h. Il allume la lumière, il faisait déjà noir dans la pièce mais je ne m’en étais pas rendu compte. Je suis en colère, l’idée de l’imaginer avec elle a fait ressortir cette jalousie qui me ronge. Je l’assène de questions pour savoir où il était et surtout avec qui.

“- J’étais avec Pascale, c’est quoi le problème, tu vas encore me faire une crise? “

Je ne réponds pas, ses mots me scotchent, je me suis inquiétée pour lui pendant des heures, pensant au pire mais il était avec Elle, juste avec elle. Je bouillonne, mais je ne dis rien, je ronge mon frein, je ne veux pas qu’il croit que je suis jalouse de cette fille, même si c’est la vérité. Il me reproche tellement ma jalousie, que je veux qu’il soit fier de moi, je veux lui montrer que j’ai changé et que je ne suis plus jalouse.

– Non pas du tout, je me suis fait un sang d’encre je pensais qu’il t’était arrivé quelque chose comme ton portable était éteint” Dis-je le plus calmement possible. Le sang frappait dans mes temps, j’avais envie de crier, de hurler mais je ne fis rien.

– Oui j’ai éteins mon portable pour être tranquille, tu n’arrêtais pas d’appeler et j’avais besoin d’être seul avec Pascale, juste elle et moi

J’ai la nausée, pourquoi avait-il besoin d’être seul avec elle, en quoi je dérangeais par mes appels? Pourquoi? Elle a réussi à le mettre dans son lit, j’ai envie de pleurer, je sens les larmes monter, non je ne dois pas pleurer surtout pas, il ne le supporterait pas, je sois être forte, impassible, surtout ne pas trahir d’émotion négative

– On mange du coup je t’ai attendu, répondis-je

– Non j’ai déjà mangé avec Pascale, je vais me mater le match de foot c’est pour ça que je suis rentré!”

– Ok je vais prendre une douche moi alors

Je rentre dans notre minuscule salle de bain où trône aussi les toilettes, j’ôte mes vêtements et me glisse sous l’eau brûlante, des mois plus tard je ressens les même sentiments que ce soir du 21 Janvier sous ma douche. Je me sens trahie, j’ai peur de le perdre, l’ai-je déjà perdue? Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’il ait besoin d’une autre, qu’est-ce que je n’ai pas fait pour qu’il ait besoin d’une autre. Nous avons pourtant des rapports fréquents, très fréquents même pour répondre à ses besoins, je n’ai pas les mêmes mais je comprends, je fais des efforts pour lui. J’ai changé pour lui, je gomme tous les défauts qu’il me reproche, je ne vois plus certains amis qu’il n’aimait pas, je ne comprends pas.

Un bruit sourd me fait sursauter et j’éteins l’eau, il faut que je sorte, je pleure, non je ne dois pas pleurer, il ne faut pas qu’il me voit pleurer. Je sors de la salle de bain, le sourire aux lèvres, enroulée dans une serviette rose, il se lève et se dirige vers moi, m’arrache ma serviette, m’allonge sur le canapé et me pénètre violemment. Je pousse un cri de surprise et de douleur, il plaque sa main contre ma bouche pour me faire taire. J’ai mal, je n’ai pas envie de faire l’amour ce soir, des larmes coulent sur mes joues, il fait noir, seule la Tv est allumée, c’est la mi-temps du match, je ne m’étais pas rendu compte que j’étais restée si longtemps dans la salle de bain. J’ai du mal à respirer avec le poids de son corps sur moi, il souffle fort et me fait mal à chaque mouvement, je ne dis rien, je ne pleure plus, je n’éprouve rien hormis la douleur.

Il a fini, se relève et se rhabille, allume une cigarette et s’assoie sur le canapé à ma tête. Il ne me prête aucun regard, je me lève, pars aux WC me nettoyer et je reviens pour me coucher. Il a déplié le canapé, éteint la Tv et dort déjà profondément. Je me couche à ses côtés, je me fais toute petite pour ne pas le réveiller, il est fatigué.

Ce soir-là je mets longtemps à trouver le sommeil, ce soir-là mon monde a changé, ce soir-là j’ai découvert un nouveau visage de l’homme que j’aime …

“Ce texte est la propriété exclusive de Je suis cette fille, merci de ne pas le reproduire, ni l’utiliser sans citer la source”

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6 Commentaires

  • Répondre Mélissa Blanca 15 décembre 2014 sur 7 h 40 min
    Très dur…. 🙁
  • Répondre abdelhamid 15 décembre 2014 sur 12 h 18 min
    la belle histoire tournerait elle au vinaigre ? du suspens
  • Répondre Céline 15 décembre 2014 sur 17 h 12 min
    J’en ai des frissons
  • Répondre Céline 15 décembre 2014 sur 17 h 13 min
    J’en ai des frissons
  • Répondre Tes Lacets Sont des Fées 15 janvier 2015 sur 14 h 06 min
    Je suis horrifiée. Je n’ai pas de mots assez forts 🙁 Je me sens bête d’un coup, j’aurais tellement de choses à te dire, tout se bouscule dans ma tête.
    • Répondre Virginie 15 janvier 2015 sur 14 h 13 min
      Il ne faut pas être horrifiée ni te sentir bête! le simple fait de me lire est important pour moi

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