Je suis cette fille #5

1 décembre 2014

Les jours se suivent,un puis deux, puis trois et il est toujours là.

Je reprends le chemin de la fac à contre cœur, j’ai beaucoup de mal à sortir de ses bras, j’ai peur, peur qu’il disparaisse, peur de me réveiller, peur que ce ne soit qu’un rêve. Mais il le faut, je dois retourner à la fac, après ces 3 jours où je me suis fait porter pâle je dois revenir à la réalité.

Je suis en première année à la fac, j’étudie l’allemand. J’ai choisi cette voix par dépit plus que par envie, c’est la matière dans laquelle j’avais les meilleures notes avec l’histoire et le français, mais c’est la seule qui pouvait éventuellement me servir plus tard. Je briguais un poste d’interprète, j’aurais aimé travailler aux nations unies, mais c’est dans mes rêves, je verrais ce que j’arrive à faire en sortant de la fac. Mes copines de cours elles se destinaient à l’enseignement, très peu pour moi, trop peur de m’ennuyer à rabâcher la même chose tous les ans pendant 40 ans et puis supporter ces ados, j’en suis incapable déjà que je ne supporte pas mes sœurs!

Ce matin là, je me suis levée de ses bras avec une boule au ventre, avec une peur indéfinissable mais je devais passer outre, je ne peux pas être si accro au bout de quelque jours, je ne dois pas devenir accro, surtout pas, je dois me préserver, anticiper la chute, anticiper la rupture imminente, il le faut, je ne veux pas souffrir, pas encore je ne m’en remettrais pas. Je me prépare à la hâte, à force de faire des plans sur la comète je vais finir par être en retard. Il se prépare aussi pour aller à l’IUT, il est en dernière année lui, il va être diplômé en juin, j’avoue ne pas trop avoir compris ce qu’il étudie… J’arrive tant bien que mal à m’extirper de ses bras et de ce câlin que j’aurais voulu poursuivre toute la journée, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire je me retrouve dans le métro direction la Fac. 7 arrêts, c’est bien plus que mon estomac vide peut supporter, l’odeur nauséabonde me donne la nausée. Enfin arrivée je m’extirpe vers la sortie pour profiter de l’air frais du mois de Janvier, je me dirige au pas de course vers ma salle de cours, mes copines sont là.

– Ah tiens une revenante, ça va mieux? t’as l’air bizarre? t’as pas la gastro au moins, j’te fais pas la bise si t’as la gastro? t’as la grippe, y’en a beaucoup en ce moment? Mais ya vraiment un truc bizarre sur toi mais je ne sais pas quoi…?

C’est un véritable interrogatoire sauf que je n’ai pas le temps d’en placer une quand j’entends

“ah mais je sais ce qui est différent: elle sourit!

Elle avait raison, sur mon visage un immense sourire béat était figé, il y était depuis samedi soir, impossible de le faire disparaitre, du matin au soir il était là sur mon visage, indélébile. Est ce le bonheur?

La matinée me paru longue sans lui, je n’arrivais pas à me concentrer, mon esprit divaguait sur notre dernière nuit, cette nuit où je suis devenue une femme, cette nuit où je me suis offerte à lui, cette nuit où j’ai perdu ma virginité, cette nuit où lui et moi sommes devenus nous, cette nuit où nous n’avons fait qu’un.

J’avais imaginé maintes et maintes fois ma première fois, tout devait être parfait, car une première fois on n’en a qu’une. Il devait y voir des bougies parfumées qui diffusent une douce odeur de pains d’épices, un grand lit avec de beaux draps en satin rouge, je devais porter un beau déshabillé noir, tout devait être parfait, absolument parfait comme dans les films. Sauf que les films restent des films, que les draps en satin c’est trop cher pour des étudiants, que les bougies au pain d’épice on n’en avait pas mais pourtant ce moment m’a semblé parfait. Il était attentionné avec moi, tellement doux et respectueux, prévenant.

Ce soir là, dans ma chambre d’étudiante, j’ai fais l’amour, ce soir là je suis devenue femme, ce soir là j’ai découvert des sentiments que je ne connaissais pas, ce soir là je suis passée à une nouvelle phase de ma vie et j’en étais chamboulée.

Mon cerveau va exploser, trop de questions me taraudent, parfois je trouve que c’était beaucoup trop rapide, parfois je trouve ça normal, pour le garder je devais faire l’amour, sinon il irait en voir une autre et je ne veux pas qu’il me quitte. Et puis il en avait tellement envie depuis des jours, depuis le premier soir où il m’a vu comme il disait, je ne pouvais pas le faire attendre plus longtemps, tant pis si ce  n’était pas comme dans mes rêves, tant pis si c’était contre mes principes de faire l’amour si vite, tant pis si ça choque mes copines, je ne veux pas le perdre et je suis prête à tout n’en déplaise. Mon coté rebelle arrive toujours à prendre le dessus sur mon coté rationnel quand il s’agit d’Hassan, je perds complétement pied à l’idée qu’il me quitte ou de l’imaginer dans les bras d’une autre, je ne peux m’imaginer sans lui, c’est impossible de m’imaginer vivre sans lui, je me sens tellement bien avec lui, tellement belle dans ses yeux, il m’aime il me l’a dit! Il dit que je suis la plus belle femme qu’il ai connu, que je suis la femme de sa vie, la mère de ses enfants, que sans moi il serait perdu, que je suis celle qu’il attendait depuis des années. Il dit qu’avec tout ce qu’il a vu dans son pays je lui redonne goût à la vie et de l’espoir.

Je suis complétement galvanisée, je me sens invincible avec lui, il est mon Yin, ma moitié et je suis prête à tout pour ne pas le perdre…

Il l’avait bien compris…

“Ce texte est la propriété exclusive de Je suis cette fille, merci de ne pas le reproduire, ni l’utiliser sans citer la source”

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3 Commentaires

  • Répondre Mélissa Blanca 1 décembre 2014 sur 7 h 21 min
    J’adore toujours autant vivement la suite… 😉
  • Répondre Aurélie Lesmissacouettes 2 décembre 2014 sur 21 h 34 min
    Depuis longtemps je voulais lire mais je n’avais jamais pris le temps, voilà qui est réparé et je dirais juste vivement la suite…
    Bravo à toi c’est vraiment bien.
    • Répondre Virginie 2 décembre 2014 sur 21 h 54 min
      Merci à toi d’avoir pris le temps de me lire… au plaisir !!

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