Je suis cette fille #4

24 novembre 2014

J’ai passé une soirée parfaite, entourée de gens que je ne connaissais pas? Mais qui m’ont donné de l’amour, de la chaleur, qui m’ont fait rire. Moi qui suis d’un naturel timide et réservé j’ai été un vrai moulin à paroles. Ce soir j’étais le centre d’intérêt de tous et ça m’a fait un bien fou! Ce soir je me suis sentie vivante comme jamais. Ce soir j’ai aimé être en vie. Ce soir on m’a complimenté, on m’a dit que j’étais belle. En même temps j’étais la seule blanche, et une blonde aux yeux bleus ne passe pas inaperçu au milieu de noirs et de Magrébins.

Mais je la connais cette sensation, ce nuage sur lequel on pense planer, c’est comme une drogue et quand on redescend la chute est bien pire qu’avant. Demain je vais être encore seule, triste, et je ne vais pas réussir à le gérer. Demain je vais sûrement remonter sur ce foutu bureau, la fenêtre ouverte et y passer des heures sans trop savoir quoi faire. Sautera? Sautera pas? Demain je vais retourner à ma vie misérable que je ne supporte plus, demain je vais croiser ces filles qui m’insupportent, demain je vais me cloîtrer chez moi sous ma couette, demain, demain….

-Allez hop on rentre vite ça caille grave!

Il me sort de mes pensées moroses, prend ma main et part d’un pas rapide en direction de la Cité Universitaire. Je suis surprise, je l’avais presque oublié, perdue dans mes divagations. Il marche vite, sa main est chaude, j’ai du mal à le suivre, le manque de sport se faire ressentir et ma consommation assidue de cigarettes aussi, je suis essoufflée. D’ailleurs j’ai envie de fumer, je n’ai pas fumé de la soirée, enfin si j’ai fumé un truc bizarre une Chicha, comme ils disent. Ils me l’ont donné, je me suis sentie bête avec ce truc dans les mains, je ne savais pas quoi en faire, j’avais tenté de refuser mais rien n’y faisait je devais essayer. Mon galant serviteur, devant mon désarroi m’a montré l’exemple, je me suis donc ensuite exécutée. J’ai approché le bec en bois de ma bouche, une odeur de fraise Tagada se dégageait de la Chicha, c’était agréable. J’ai aspiré fort, plus fort que quand on tire sur une cigarette, j’avais très envie de fumer et ce Narguilé tombait à point nommé. Sauf qu’on ne fume pas la Chicha comme on fume une cigarette. Je me suis mise à tousser comme la première fois que j’ai fumé pour mes 16 ans. J’ai cru que j’allais m’étouffer, je suis devenue rouge écarlate, quelle honte.

-Il ne faut pas autant aspirer, me dit-on

– Ça aurait été gentil de me le dire avant!  Dis-je entre deux quintes de toux

Éclat de rire général je n’ai plus retouché à cette machine!

Le chemin du retour est vite passé, perdue dans mes pensées comme à mon habitude je ne m’étais pas rendue compte que nous étions déjà arrivés à bon port. Nous sommes devant son immeuble, je sors mon paquet de cigarettes de mon sac à mains et m’en allume une. Elle me réchauffe la gorge, j’aime fumer. J’aime la sensation de bien-être quand je fume. J’oublie tout, je me concentre sur la fumée qui entre dans ma bouche et je la regarde en ressortir en formant des ronds. J’aime cette chaleur qui m’envahit à chaque bouffée.

Il fume lui aussi, je ne savais pas qu’il fumait, en même temps je ne sais rien sur lui. Juste son prénom, Hassan, le numéro de son bâtiment, le 5, moi je vis au bâtiment 7 au 7ème étage, incongru quand on sait que le 7 est mon chiffre porte bonheur. Je sais qu’il est gentil avec moi, qu’il me trouve jolie, enfin ce soir il me trouve jolie… Il se glisse derrière moi pour me réchauffer, passe sa main délicatement autour de mon ventre et me fait frémir jusque dans les moindres recoins inexplorés de mon corps. Je suis bien, tellement bien, je n’ai plus froid, j’aimerai que ce moment ne s’arrête jamais. Mon petit bâton de nicotine approche du mégot et je suis contrainte de m’extirper de ses bras pour écraser mon mégot, mais il me tient la main. Il ne veut pas que je m’éloigne trop loin de lui. Il écrase aussi son mégot, m’attire vers lui, nos visages se rapprochent doucement, il plonge son regard dans le mien, je sens sous mes pieds la terre qui s’échappe lorsque nous échangeons notre premier baiser.

Ses lèvres s’approchent doucement des miennes et sa langue emplie ma bouche. Je me sens bien. Mon cœur d’artichaut fait encore des siennes et là à ce moment précis je pourrais dire que je suis folle amoureuse, en fait je suis déjà folle amoureuse de lui depuis qu’il a frappé à ma porte.

Je suis folle amoureuse de lui depuis qu’il m’a regardé, depuis que dans ses yeux je me suis senti belle.

Il me tire la main et je le suis jusque dans sa chambre. Je ne sais quel est ce sentiment qui m’emplit à ce moment précis, peur, euphorie, angoisse, impatience, un mélange sournois de tous ces sentiments serait la définition exacte de ce qui se passe dans mon corps, dans ma tête. J’ai le sentiment qu’il connait la moindre de mes pensées, le moindre de mes gestes est anticipé, le moindre sentiment est compris sans mots dire. La question ne se posera même pas, il a senti que je n’étais pas prête, pas prête pour faire l’amour avec lui, nous entrons dans sa chambre, discutons pendant un long moment en écoutant la musique, allongés sur son lit.

Nous passerons la nuit l’un contre l’autre, en cuillère, dans un lit minuscule. J’ai dormi dans ses bras toute la nuit, je me sens légère.

A mon réveil il est là, toujours contre moi, je n’ose pas bouger de peur de le réveiller.

-“T’as bien dormi ma belle?” marmonne-t-il

-Et toi?

– Comment mal dormir avec une belle fille dans ses draps? me répond-il

Je me retourne et l’embrasse à pleine bouche.

Ce matin du 22 Janvier, moi et mon petit cœur sommes amoureux!

 

“Ce texte est la propriété exclusive de Je suis cette fille, merci de ne pas le reproduire, ni l’utiliser sans citer la source”

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2 Commentaires

  • Répondre Mélissa Blanca 24 novembre 2014 sur 11 h 28 min
    Bonjour waw on dirais les livres que je lis 🙂 vivement la suite 😉 bravo (désolé si j’ai envoyé 2 fois le même message avec mon téléphone des fois j’ai du mal) 😉
    • Répondre Virginie 24 novembre 2014 sur 12 h 13 min
      Merci c’est un beau compliment !

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