De l’angoisse à la culpabilité du chômeur

25 octobre 2016

Je te vois toi qui travaille dur, plus de 35h par semaine te railler de ce titre provocateur. Je t’imagine déjà en train de pester en lisant : ” Quoi un chômeur angoisse, nan mais de quoi ? Il a qu’à se bouger le cul, du boulot y’en a pour ceux qui cherchent !” ” Moi j’ai toujours bossé, quand on cherche on trouve “

Je suis d’accord avec toi, du travail il y en a. Les offres fleurissent sur nos amis Pole, LBC, Link… Des offres de travail plus ou moins alléchantes il faut bien se l’avouer. Tantôt avec des horaires en décalage avec les gardes possibles pour tes enfants, tantôt avec des pauses déjeuner dignes de celles d’un ministre alors que tu ne peux pas rentrer chez toi t’obligeant à rester au bureau et à travailler bénévolement pour ton nouveau patron. Des offres demandant toujours plus de qualifications et d’expérience pour ce maudit SMIC… Le nouveau salaire de référence. Heureusement qu’il est là finalement sinon je me demande à combien on serait payé …

Certains sites te promettent de trouver le job en 24 h au coin de ta rue…. Encore faut-il habiter une grande ville parce que la première offre sur ce site est à 30 kms de chez moi et ce n’est pas ce que j’appelle le Corner… Ok j’ai choisi de vivre dans le trou du cul du Monde, enfin par choisi je veux dire qu’en 2008 quand on a acheté notre maison on n’avait pas les moyens de vivre plus prés de la ville rose…. Ensuite la crise est venue et là nous aurions pu nous rapprocher… mais nous avions déjà acheté, à quelques mois près je n’écrirais peut-être pas cet article tu vois. Je ne me plaindrais pas de ne pas trouver de job intéressant parce que tous les jobs intéressants sont à la ville, je ne me plaindrais pas de devoir faire au moins 40 kms aller pour avoir un travail qui me fasse un peu vibrer… (moins que mon canard mais vibrer tout de même). Tu vois à quelques mois prés je ne serais pas là en train d’angoisser à me voir faire un job que je déteste toute ma vie parce que je n’ai pas pu acheter une maison plus prés de Toulouse il y a 8 ans…. À quelques mois prés… Si j’avais su…

Je ne suis pas du genre à regretter mais là clairement, même si je l’aime ma maison, si j’avais su tout ça je ne l’aurais pas acheté….

Alors oui, là je suis un savant mélange entre soulagement compte tenu de ma situation passée et une boule d’angoisse quant à mon avenir. Si je ne sais pas ce que je veux faire exactement, bien que certaines pistes se dessinent au crayon à papier en attendant de se noircir aux marqueurs indélébiles, je sais par contre ce que je ne veux plus faire !

Et c’est bien ça le problème… je suis très exigeante déjà en temps normal mais depuis cette mésaventure encore plus. Je ne veux plus d’un job purement alimentaire. J’ai cru pouvoir le gérer mais force est de constater que NON. Je ne suis pas faite pour travailler juste pour travailler. Je meure à petits feux dans une société dans laquelle je m’ennuie à poser des chiffres les uns derrière les autres.

Moi je veux un job qui me fasse lever le nez de mon ordi à 18h en me disant : “quoi déjà la journée est passée ? “

Je veux un patron qui saura exploiter chacun de mes neurones et de mes idées farfelues.

Je veux être reconnue à ma juste valeur (au risque de paraître prétentieuse.)

Je veux avoir des étincelles de joie le matin quand il faut aller bosser.

Je ne veux plus traîner des pieds et aller à reculons la boule au ventre.

Sauf que je suis loin de la réalité, complètement déconnectée même diraient certains. Des gens qui vivent de leur passion il y en a combien ? Et des gens qui en vivent BIEN encore moins…. Tout au plus on connaît tous quelqu’un, qui a eu le courage de créer son métier, de faire de sa passion son job, mais à quel prix ? Vivoter pendant quelques années avant de se résoudre à retourner dans le circuit classique.

Je ne veux pas me résigner à ça. Je ne le ferais pas, je veux croire que je peux avoir LE job de mes rêves, celui qui me fera me sentir vraiment MOI avec toutes les facettes de mon esprit. Celui qui saura me faire prendre mon envol. Après tout j’ai bien réussi à trouver un éditeur pour mon roman, pourquoi je ne trouverai pas le job idéal ?

Alors je me suis inscrite à une réunion d’information pour une formation de reconversion professionnelle dans un domaine qui, lui, me fait vibrer. Même si rien n’est gagné et que l’avenir de ce métier me semble incertain, je verrais bien.

Je regarde les offres tous les jours, j’envoie mon CV sur des postes qui ne me plaisent pas forcément mais il faut bien bosser en attendant. Tu regardes l’offre, tu te dis que tu sais faire tout ce qu’ils demandent et même plus, mais personne ne te rappelle. Personne ne te répond. Tu es seule face à tes candidatures et tu n’as aucun retour. Tu ne sais pas pourquoi tu n’as pas eu d’entretien alors que tu conviens parfaitement. Tu en arrives à te prendre la tête pour un job, qui à la base ne te fais pas vibrer.

Alors pourquoi répondre me diras-tu ?

La culpabilité.

Je culpabilise de ne pas travailler. Parce que je ne suis pas du genre à rester à la maison même si ça ne fait qu’un mois. Parce que je me dis que ma recherche est bien trop utopiste pour être plausible et que je dois descendre de mon nuage. Parce qu’il faut bien payer les factures et les fours qui décident de décéder comme ça sans crier gare. Parce que répondre à la question : “alors t’as fait quoi aujourd’hui” ou “quoi de neuf “quand tu es au chômage c’est juste l’angoisse.

T’as fait quoi ? ben rien… j’ai cherché du boulot, répondu à deux trois annonces et après… ben j’ai regardé la télé, j’ai fait un gâteau, le ménage… j’ai lu un bouquin… je n’ai rien fait quoi…

Je n’ai pas encore rencontré de nouvelles personnes et du répondre à la question : “Et toi tu fais quoi dans la vie ?” c’est déjà ça tu me diras. Je répondrais sûrement que je suis astronaute juste pour voir leurs yeux s’écarquiller avant qu’ils ne comprennent que je suis trop grosse pour rentrer dans la combinaison. 🙂

Alors je ne fais pas rien, je prépare un concours, je corrige mon roman, j’ai refait mon cv en vue d’un nouveau métier. Mais pour moi je ne fais rien, je ne travaille pas donc je ne suis pas.

La culpabilité de mon moi chômeur… On ne se refera pas.

Alors si tu es patron est que tu as un job alliant écriture, web, marketing, que tu cherches un profil complètement décalé avec ceux que tu as l’habitude de voir mais plein d’idées et d’adaptabilité, je suis ton homme.

Je veux croire que pour le travail comme en Amour, le coup de foudre est possible.

Cupidon, charge une nouvelle flèche j’en ai besoin !

The show must go on.

Virginie, à la recherche du job de ses rêves.

 

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16 Commentaires

  • Répondre Sophie mum 25 octobre 2016 sur 8 h 23 min
    J’espère que tu trouveras ce Job de tes rêves
    N’étant pas au chômage et en recherche d’un nouveau poste je déprime aussi car pas d’entretien pas de reponse et Que je conviens au poste une remise en question totale
    Alors je te comprends quand tu dis culpabiliser biz
  • Répondre sophie mum 25 octobre 2016 sur 9 h 45 min
    J’espère que tu trouveras le job de tes reves.
    Je comprends que tu culpabilises car moi n’étant pas au chomage et en recherche d’un nouveau poste, je déprime me remet en question car peu d’offre et les fois où je postule peu de retour et j’ai 1 un entretien mais une période de préavis trop importante je n’ai pas eu le poste.
    Bon courage ma belle biz
  • Répondre Marionle6tron 25 octobre 2016 sur 10 h 22 min
    Je te comprends tout à fait.
    J’ai la chance de n’avoir jamais été au chomage depuis 17 ans que je suis entrée dans le système…
    Pourtant j’ai vu ses “ravages” sur ceux qui m’entourent. Mon ex mari qui après avoir vendu sa sandwicherie s’est retrouvé à faire tout et n’importe quoi juste pour ne pas être au chômage. Mon mari qui a été 3 mois à la maison entre son licenciement et le début de la formation qui a fait qu’aujourd’hui il fait un job qu’il aime et pour lequel il vibre (pas autant que pour moi quand même faut pas abuser).
    L’angoisse d’être celui qui reste à la maison et qui se sent obligé de tout faire parce qu’il se doit de contribuer… Vu que ses journées ne sont plus occupées en dehors de la maison il doit tout faire pour que l’autre, celui qui part le matin et ne revient que le soir, n’ait rien à faire. A la fin j’en pouvais plus de n’avoir rien à faire en rentrant chez moi, mon fils était lavé et en pyj, la maison nickel, le linge lavé, étendu, plié, aspi deux fois par semaine, parfois même le diner… J’avais le sentiment d’être spectatrice de notre vie de famille et j’ai craqué. Je lui ai intimé de ne plus toucher l’aspi et que je voulais préparer le diner tous les jours…
    Un mois après et pour notre plus grand bonheur à tous il commençait sa formation.
    Je comprends que tu ne veuilles plus faire de l’alimentaire et te lever avec la rage de vaincre le matin mais pour ça il faut justement que tu prennes le temps de trouver LE truc qui te fera vibrer (moins que ton monsieur quand même). Profite de tout ce temps pour te recentrer et te trouver.
  • Répondre froggymums 25 octobre 2016 sur 12 h 14 min
    courage et garde espoire j’ai connu ça quand j’étais en france et je comprends tout a fait, travailler pour travailler et nous par plaisir, chercher n’avoir aucune réponse alors que tu correspont au profil.
    Bon courage
  • Répondre Mademoiselle 25 octobre 2016 sur 13 h 58 min
    Comme je te comprends… j’ai l’impression de lire tout ce que j’ai ressenti à mon époque chômeuse…
    Sur un coup de bol j’ai trouvé un job vraiment épanouissant il y a de ça un an et demi et il arrive à son terme… Faute de pérennité sur ce poste, retour case départ dans quelques semaines et j’angoisse à mort de revivre les même situations !!!
    Bon courage en tout cas 🙂
  • Répondre Saby Sloan 25 octobre 2016 sur 16 h 42 min
    J’ai l’impression d’etre un ovni… je me suis prise volontairement 9 mois de chomage apres mon master 2, histoire de souffler, et ca a été la meilleure période de ma vie. J’ai ensuite enchainer avec un cdd de 18 mois qui va arriver à son terme dans 2 semaines et j’ai juste extremement hate de retrouver cette période de tranquilité, ou je peux penser à moi, me lever quand mon corps l’a décidé (bon en general rarement apres 9h30), pouvoir aller au sport, au cinéma, me balader des heures dans Paris, seule, loin de l’effervescence des week end, pouvoir lire, blogger,etc. Juste vivre quoi. Alors peut etre que je dis cela parce que ne j’aime pas mon secteur d’activité, que je vis chez ma mere, et que je peux donc m’en sortir correctement avec ce que me donner le chomage (bon en meme temps j’ai cotisé tu me diras !), evidemment si j’avais un loyer à payer, ca serait surement la panique. Mais bon dans l’article c’est pas vraiment cet aspect qui est traité mais plutot la culpabilité, que je retrouve dans beaucoup d’articles d’ailleurs. Je pense qu’il faut prendre du recul sur les normes, sur la société, et se dire que la vie, ce n’est pas seulement le travail.
    • Répondre Virginie 25 octobre 2016 sur 16 h 50 min
      Sur Que sans loyer, ni charges, ni enfants mon chômage me permettait de vivre …. la je peux juste payer mes factures … donc le côté financier est indéniable non plus. Quand t’as pas d argent tu peux pas sortir… je ne vis pas sur Paris comme je l’ai dit et pour faire quoi que ce soit je dois payer ( essence, péage, …!) et du coup je privilégie les enfants à moi.
      Oui je suis malheureuse au chômage mais j’assume
  • Répondre CREMADES 25 octobre 2016 sur 17 h 54 min
    Oh mais merciiii ! Je me retrouve dans ton article ! La seule différence ( Si ça en fait vraiment une) c’est que je suis en congé parental, et que dans quelques mois, il me faudra avoir trouvé le job de mes rêves car je n’ai plus de droits chômage. Sinon , ce sentiment, je le connais…. je suis une mère au foyer dont les enfants sont à la crèche & à l’école … angoisse et cculpabilité, je connais… alors bonne chance pour trouver le boulot qui te fera vibrer et te lever avec plaisir chaque matin ! J’ espère que tu le trouveras…
  • Répondre Illyria 25 octobre 2016 sur 20 h 22 min
    “je suis ta femme” par contre c’est mieux, tu es une femme après tout, pas un homme 😉

    et je te comprends tout à fait, la culpabilité je l’ai ressentie aussi, et je me suis beaucoup mis la pression par rapport à ça… Mais il ne faut pas, il faut au contraire profiter du positif que cette période peut t’apporter!

    Mais d’ailleurs justement aujourd’hui dans mon entreprise, des gens trouvaient scandaleux qu’une personne veuille une rupture conventionnée pour avoir le chômage après… “moi aussi je vais arrêter de travailler pour me mettre au chômage et en protiter” –” ta gueule sérieux –”

    Courage à toi, je parle dans mon dernier article de ce que le chômage m’a apporté si jamais ça t’intéresse, et bonne chance pr le travail de tes rêves!

    • Répondre Virginie 25 octobre 2016 sur 20 h 36 min
      Le je suis ton homme était fait exprès hein ! 😉 je vais aller lire ton article alors ! Merci
  • Répondre Cli 25 octobre 2016 sur 21 h 46 min
    Comme je te comprends!
    J’avais l’envie de trouver THE job aussi…et je suis tombée enceinte. Va trouver un emploi avec un gros bidon….bref je m’occupe donc pleinement de ma grossesse puis de ma fille. Je me dis qu’il faut quand même se remettre en recherche, je m’inscris pour une formation en alternance….et bim me revoilà enceinte. Bon de toutes façons sur une trentaines de lettres déposées en main propre je n’avais eu aucune réponse….je me suis donc consacrée à cette deuxième grossesse puis à mes filles.
    Quand une aie m’a proposé un job sur 3 jours/semaine pour 500€ j’ai dit oui! Je suis donc depuis avril 2013 surveillante en collège! C’est cool j’ai les vacances et j’aime bien le taf qui est varié…mais ce n’est pas un boulot que l’on fait toute sa vie, c’est 6 ans max, et puis quand les gens me demandent ce que je fais dans la vie je sens toujours un malaise autour de ma réponse. Le malaise vient de moi, je n’ai pas un “vrai” boulot, je ne sais pas ce que je ferai “quand je serai grande”….Heureusement quand je suis au taf j’oublie ça et j’ai une paye à la fin du mois!

    Bref je raconte ma vie et je n’ai pas de solution, mais je te souhaite de trouver le métier de ta vie ou au moins, comme moi, un job pas trop mal en attendant 😉

  • Répondre Crystila 25 octobre 2016 sur 21 h 52 min
    Ce n’est pas une période facile mais il faut garder l’espoir. Par expérience, il faut souvent plus de 6 mois pour retrouver un emploi. Personnellement, j’ai fait le choix d’opter plutôt pour des remplacements en CDD avant de dénicher mon Graal et ça marche plutôt bien. Mes employeurs se battent pour que je reste et c’est assez valorisant. Courage
  • Répondre Clairement Blonde 26 octobre 2016 sur 10 h 35 min
    J’ai qu’une chose à dire ! Merci !
    Très peu de monde sait vraiment ce que l’on vit en tant que chercheur d’emploi ! Personnellement ça ne fait pas longtemps, mais suite à une très TRES mauvaise expérience, j’ai peur de postuler à des emplois qui y ressemblent, pourtant c’est les emplois issus de ma formation … Bref merci d’écrire à ce sujet, je me sens 1000 fois moins seule !
    Et rester à la maison est TELLEMENT frustraaaant …
    Bon courage à toi pour cette mauvaise passe ! Je te souhaite sincèrement de trouver !
    Bisous
  • Répondre Vickie in the sky 26 octobre 2016 sur 11 h 01 min
    Pfiou, je me reconnais totalement dans tes propos… Team chômage depuis 1 mois (et plus) ! Comme toi, je ne veux plus d’un job pour lequel je traîne des pieds le matin, dans lequel je passe mes journées à me dire “quoi, il y a seulement 1h qui vient de passer ?!” (alors que tu as fait toutes tes tâches de la journée). Et comme toi, je dois sûrement être trop utopiste en cherchant un travail qui me conviendra totalement, dans lequel je pourrais m’épanouir (et qui me rapproche de ma région natale, les recruteurs ne comprennent pas forcément pourquoi une fille d’une région trop éloignée postule, malgré une explication dans la lettre de motivation). Mais comme toi, je sens que je vais devoir me résigner à prendre un job alimentaire, parce que les factures, la taxe d’habitation et les réparations de la voiture ne se paient malheureusement pas tous seuls !

    En tout cas, merci à toi d’avoir écrit ce billet, et je te soutiens à 2000% dans tes recherches ♥

  • Répondre CupcakesMusicTea 27 octobre 2016 sur 0 h 33 min
    Merci pour cet article , je me reconnais dans ton texte ! Après avoir enchainé des CDD de 6 mois, retour à la case chômage, je déteste quand on me pose la question ” tu fais quoi dans la vie?”, je me sens tellement inutile ! C’est dèja frustrant de rester chez soi , sans boulot , alors quand des personnes me rappellent ma situation, c’est déprimant. J’angoisse de ne pas trouver de nouveau contrat, devoir prendre un boulot alimentaire… J’essaye de relativiser , profiter de ce “temps libre” pour me consacrer à mes projets . Je me sens mal surtout par rapport aux autres , la comparaison avec leurs situations professionnelles. On ne devrait pas culpabiliser , se justifier, on doit vivre notre vie ! Bon courage pour les recherches 😉
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